Chronique d’aujourd’hui : La plaisanterie de Milan Kundera

Titre : La plaisanterie

Auteur : Milan Kundera

Genre : Contemporain

Date de parution : 1967

Édition : Gallimard

Collection : Folio

Nombre de pages : 454

Appréciation (♥ – ♥♥♥) :

S’il y a un auteur que l’on se doit de lire quand on est français résidant en République tchèque, c’est Milan Kundera.

Homme de nouvelles puis de romans, Kundera est né à Brno puis à émigré en France dans les années 1970, avant d’obtenir sa naturalisation française en 1981.

Depuis 1995, cet auteur n’écrit plus qu’en français, hommage du natif tchèque à la langue de Molière.

Le monde littéraire a fait connaissance avec cet auteur d’Europe centrale en 1968 après l’invasion de Prague par les chars russes. Le premier roman de l’auteur, La plaisanterie, publié dans son pays d’origine un an plus tôt, est soudain devenu un symbole : celui de la dissidence au super-État russe.

Mais si de La plaisanterie, on ne retient habituellement que l’aspect « œuvre dissidente », Milan Kundera a toujours refusé que son œuvre soit étiquetée de la sorte. S’il place son histoire à Prague et qu’il utilise l’oppression communiste comme toile de fond de son roman, ce n’est que comme symbole de toutes les oppressions, et de leurs conséquences sur les destinées humaines.

La plaisanterie est avant tout un livre qui présente le destin croisé de quatre personnages. Et si le personnage principal, Ludwig, occupe les trois-quarts du livre, les personnages se croisent et se recroisent, de façon directe ou indirecte tout au long du roman. Le jeu des rencontres et des liens qui unissent les personnes dans nos vies est au cœur de ce livre.

Mais sous les aspects de la vie ordinaire d’hommes et de femmes sous l’ère communiste, La plaisanterie nous donne également à voir les absurdités de la vie. De l’absurdité d’une provocation par l’humour (dans un système politique qui en est dépourvu), à l’absurdité des conséquences que cette plaisanterie griffonnée aura sur la vie d’un homme, ce roman égrène les absurdes. Le roman prend ainsi tour à tour le ton de la comédie et de la tragédie, les deux se mêlant souvent.

Les bémols

Sur le fond, si le livre est intéressant dans sa structure, il m’a semblé parfois démesurément long. Le récit est ponctué de beaucoup de détails et de lourdeurs qui ne facilitent pas le maintien de l’attention sur l’histoire.

Même si j’ai aimé la façon dont le texte était structuré, je n’ai pas accroché aux passages concernant les personnages autres que Ludwig qui est le personnage central de l’histoire.

À la fin de ma lecture, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il faudrait relire le livre une seconde fois pour en apprécier toutes les nuances, nuances qui ne sont sautent pas aux yeux lors de la découverte du roman.

Sur la forme, le style Kundera peut aussi surprendre. Les tchèques eux-mêmes, ne sont pas toujours tendre avec leur ancien compatriote. La redondance des thèmes abordés dans ses ouvrages ou le côté « philosophique » du roman peuvent surprendre et décourager le lecteur peu sensible à ce genre littéraire.

Conclusion

Milan Kundera fait partie de ces auteurs qu’on adore ou qu’on déteste.

Son style d’écriture et les thèmes abordés dans ses livres, constituent le monde Kunderien et donne aux écrits de l’auteur leur relief et leur personnalité.

La plaisanterie est un roman, écrit dans un certain contexte politique, devenu après le Printemps de Prague, symbole à ses dépends.

Malgré les bémols qui m’ont dérangés, je recommande la lecture de ce livre pour tous ceux qui aime Prague et son histoire. Milan Kundera compte parmi les auteurs tchèque contemporains les plus connus, et La plaisanterie reste une voix du passé du pays, quelque soit la grille de lecture que l’on a de ce roman.

Vous avez lu La plaisanterie ? Partagez vos émotions livresques en commentaires !

Vous aimez cette chronique ? Partagez-la sur vos réseaux sociaux !

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *