Auteurs et critiques littéraires : les frères ennemis

Il y a quelques semaines j’ai assisté à un match de boxe.

À ma droite, un chroniqueur qui venait de publier la critique d’un livre. À ma gauche, un auteur à qui la critique n’a pas plu. Pour seul arbitre, une foule de questions et très peu de réponses.

Qu’est-ce qu’un chroniqueur littéraire ? Qu’est-ce qu’un blogeur littéraire ? Quels sont leurs rôles ? Y a-t-il une déontologie, une éthique encadrant la chronique littéraire ?

Ce sont ces questions (et bien d’autres encore…) que je vous propose d’examiner dans cet article.

Je n’ai pas la prétention de dire que cet article sera exhaustif. N’hésitez pas à le compléter si vous le jugez nécessaire de vos expériences et de vos idées en commentaires.

Un chroniqueur littéraire (ou critique littéraire) est généralement un journaliste professionnel qui se spécialise dans la critique de livres. Il est donc bien souvent employé dans une revue ou un journal ou engagé comme free-lance. Ses chroniques suivent le plus souvent la ligne éditoriale de la revue, mais pas obligatoirement. Le chroniqueur/journaliste est rémunéré pour ses chroniques.

Depuis l’avénement d’Internet et, plus récemment du bloging, un nouveau type de chroniqueurs est apparu : les blogueurs littéraires.

Que ce soit par vidéo ou par écrit, ces nouveaux critiques de la littérature ont donné un nouveau souffle à ce métier très ancien de « critique littéraire ». Autrefois cloisonné aux magazines ou revues littéraires, la chronique de livres est devenue, grâce aux blogs, ouverte aux lecteurs et indépendante.

Le blogueur littéraire est avant tout un lecteur qui souhaite partager sa passion pour la lecture et les émotions qu’il y rattache. Contrairement à ses collègues professionnels, le chroniqueur/blogueur n’est pas rémunéré pour ses chroniques et décide ou non de suivre une ligne éditoriale.

Ces définitions posées, je tiens à préciser que dans cet article je ne parlerai que des chroniqueurs/blogueurs dont je fais partie.

Je vous propose donc d’entrer dans les coulisses de ce nouveau monde de la littérature. Un monde fantastique tant qu’il ne se transforme pas en ring de boxe.

1er Round : Internet et la chronique littéraire

Chroniqueur littéraire. En voilà un beau titre. Quand on sait que Zola se livrait à cet exercice difficile de la critique et qu’il sévissait sur ses plus proches amis (Flaubert, les Goncourt, etc.) on se dit que c’est quand même une fonction importante.

Un brin pompeux, un chouia élitiste, cette dénomination de « critique littéraire » a de quoi faire peur.

Mais à la vue du nombre exponentiel de blogs proposant des chroniques littéraires, on comprend vite que l’élitisme d’antan a laissé place aux lecteurs exprimant leurs ressentis.

Si certains voient d’un mauvais œil le fait que des lecteurs se glissent dans la peau d’un critique professionnel, je pense pour ma part, que c’est une évolution naturelle.

Le développement d’Internet a révolutionné les modes de communication et a donné l’opportunité aux lecteurs d’être de véritables acteurs dans le milieu fermé du livre.

Car depuis plusieurs années, les blogs et les vlogs (vidéo bloging) consacrés à la lecture se multiplient.

Nouvel espace d’expression des émotions, les blogs littéraires permettent à leurs auteurs de recommander leur coup de cœur, d’encourager leurs auteurs préférés et surtout, d’inciter les autres à découvrir ou renouer avec le plaisir de lire.

Personnellement, je suis heureuse de cette évolution et du fait que la lecture sorte désormais des salons et des bibliothèques. Les lecteurs ont repris la place qui leur revient de droit dans la vie des livres publiés.

Mais…

Le bloging, en brouillant les frontières entre profession et passion, a aussi son côté sombre. Et les auteurs sont parfois, à juste titre, dubitatifs face aux chroniqueurs/blogueurs qui s’érigent en expert ès littérature.

C’est là un des premiers points à clarifier.

Comme nous l’avons vu plus haut, le chroniqueur/blogueur n’est pas un professionnel de la critique. C’est avant tout un blogueur qui décide de publier ses ressentis personnels sur une œuvre.

Le blog c’est un espace d’expression personnelle, une bulle d’intimité que le blogueur propose de partager. C’est une proposition, jamais une obligation.

Sur son blog, le chroniqueur est le seul maître à bord de son vaisseau et nul ne saurait lui dire où il doit naviguer.

Il peut y avoir plusieurs administrateurs, des aides, des partenariats, mais il n’y aura toujours qu’un seul capitaine et des choix placés sous sa responsabilité.

Je vois certains auteurs serres les dents.

Jeune auteur moi-même, je me pose les mêmes questions que vous :

Internet donne-t-il tous les droits ?

N’y a-t-il pas des limites que tout chroniqueur/blogueur ne devrait pas franchir ?

Qu’en est-il du droit des auteurs et du contrôle de leur image ?

2e Round : Auteurs et chroniqueurs, les frères ennemis ?

Les interrogations des auteurs sont légitimes.

Mais, si je troque ma casquette d’auteur pour celle de chroniqueuse, j’aurais, moi aussi quelques questions à poser à mes collègues auteurs :

Pourquoi un auteur met-il son roman en service presse sur des blogs ?

L’auteur connaît-il les blogs en question ?

Quelles sont les motivations affichées et les attentes cachées de l’auteur lorsqu’il livre son œuvre pour une chronique sur un blog littéraire ?

De la nécessité de connaître un minimum les blogs littéraires

Vous êtes auteur. Vous passez des heures et des heures à travailler. Que vous soyez publiés ou auto-édités, avant de confier un service presse à un blog, vous devriez toujours savoir où vous mettez les pieds.

Il existe de nombreux blogs et vlogs littéraires. S’il ne s’agit pas de faire son marché et de choisir un ou plusieurs blogueurs comme on choisit des tomates, faire preuve d’un minimum de curiosité ne pourra que vous être bénéfique.

Parcourir un blog, lire les articles déjà publiés, connaître le style du chroniqueur, son angle général « d’attaque » (semble-t-il plutôt attaché aux belles lettres ou au fond de l’histoire ? aime-t-il un genre en particulier ?, etc.) est une chance pour l’auteur qui peut faire des choix en conscience et librement.

Lorsqu’un auteur se plaint d’un blogueur pas assez cultivé à son goût ou dont les chroniques ne sont pas assez fouillées, il n’y a qu’une seule question à poser :

« As-tu lu les autres articles du blogueur avant de lui confier ton travail ? »

J’ai posé cette question à certains auteurs qui me demandaient conseil. Leur réponse a failli me faire tomber de ma chaise. Claire et limpide : « Non ».

Alors imaginons que vous êtes un jeune parent. Confierez-vous votre bébé à la première femme qui passe dans la rue et qui se présente à vous comme « nourrice ». Non ? Là vous me rassurez.

Lorsqu’on confie son enfant à une personne étrangère, on rencontre la personne, on l’interroge sur son expérience avec les enfants. Et si l’enfant est confié en garde à domicile, on inspecte (plus ou moins subtilement) la maison.

Alors pourquoi cela serait-il différent avec vos « bébés » de lettres ?

Ces bébés que vous avez portés depuis des mois voire des années, vous en avez la responsabilité tout comme vos bébés de chair.

Sans un minimum de recherche et de dialogue vous ouvrez une brèche dans laquelle les situations les plus rocambolesques attendent le moment idéal pour s’y engouffrer.

Je pense à cet auteur qui, après avoir confié son livre à plusieurs blogueurs, n’a plus jamais eu de nouvelles de ceux-ci. Le livre, empoché gratuitement, a sûrement été rejoindre les tréfonds de leur Kindle. Dieu seul sait si ces livres seront même lus un jour…

Internet est un formidable espace de liberté et de rencontre. Mais c’est aussi un espace où des gens malhonnêtes sévissent.

Je ne développerai pas ici les multiples raisons qui poussent les jeunes auteurs à prendre des risques.

Si vous êtes confrontés à ces situations, vous êtes les mieux placés pour partager vos expériences et je serai ravie de les accueillir en commentaire sous cet article.

Les auteurs peuvent aussi aider les blogs littéraires

C’est le moment de l’article où je sens que je vais perdre quelques amis auteurs mais errant dans les sphères du bloging depuis quelques mois, j’observe et je constate.

Si de très belles choses sont possibles et que de belles associations auteur-blogueur se créent parfois, quelques tristes constats sont nécessaires.

Lorsque je vois des auteurs et des chroniqueurs se déchirer, j’ai parfois l’impression que certains auteurs (pas tous heureusement !) ne considèrent les blogs littéraires que comme une plateforme promotionnelle lambda.

J’ai déjà évoqué ce que le manque de curiosité pour le blog et les chroniques publiées ont comme conséquence parfois pour l’auteur.

Mais ces conséquences touchent également le blogueur, qui semble perçu comme celui qui n’est là que pour « pondre » un article plus ou moins court et superficiel mais dont l’auteur pourra se gargariser par la suite.

Derrière les blogs et les chroniques, il y a des auteurs qui passent un temps fou à lire, à réfléchir, à écrire, à corriger et à publier. Un peu comme vous, amis auteurs !

Si les jeunes auteurs ont besoin de soutien et que les chroniqueurs/blogueurs sont parfaits dans ce rôle, les auteurs devraient se souvenir que les blogueurs chroniquent gratuitement et prennent sur leur temps personnel pour cela.

Un blog demande du temps à construire et à faire vivre. Lire demande du temps. Analyser demande du temps. Rédiger demande du temps.

Tout ce temps passé pour aider un auteur pourrait allègrement être réservé à d’autres projets.

Les blogs littéraires ont besoin de soutien pour vivre et continuer ce pour quoi, les auteurs les sollicitent.

Lorsqu’un blog demande des partages de chroniques ou de laisser un commentaire ce n’est pas pour vous soudoyer.

C’est simplement pour qu’il perdure dans le temps. Un blog seul est un blog mort.

Acteurs peu valorisés de la chaîne du livre, les auteurs et les chroniqueurs/blogueurs sont en réalité dans le même bateau. Les frères ennemis sont en réalité de vrais alliés.

De La critique « négative » et son impact sur l’auteur

Lorsque la chronique tant attendue paraît, la fameuse « mauvaise critique » peut donner lieu à un net refroidissement de l’atmosphère.

Que l’auteur ait sollicité ou non une chronique, la publication de celle-ci est toujours un moment délicat pour lui. Son œuvre a été examinée, disséquée, et le compte-rendu d’autopsie pourrait ne pas être beau à voir.

Chaque auteur est différent et une « mauvaise critique » pour l’un sera une critique dure, mais constructive pour l’autre.

Pour ma part, en dehors de l’insulte caractérisée et du manque de respect à la personne de l’auteur, je ne vois que rarement des « mauvaises chroniques ».

Les critiques mordantes, cinglantes et parfois même pleines de colère ne sont pas, pour moi, des chroniques négatives.

Je vous vois écarquiller les yeux et vous demander si je suis à ce point masochiste…

Une critique reste un ressenti subjectif. Elle n’est qu’une vérité parmi tant d’autres. Elle reflète un type de lecteur, un type d’émotion. Rien d’autre.

En tant qu’auteur, vous ne pourrez jamais plaire à tout le monde. Vous ne pouvez pas non plus contrôler les émotions d’un lecteur.

Vous avez livré votre livre au monde et désormais il vit sa vie. Et comme dans toute vie, il est aimé, il est détesté. Certains passent même à côté de lui et lui sont indifférents.

Une « mauvaise critique » même si elle blesse l’égo, sera toujours une preuve qu’un chroniqueur à fait son job : lire votre livre et en parler.

De plus, gardez bien en mémoire qu’une chronique dure et sans concession vaudra toujours mieux que dix commentaires pâles et sans âme, copié/collé d’une 4e de couverture.

Pourquoi ? Parce que la pluralité des avis et des émotions sonnent toujours plus vraie qu’une liste d’éloges mielleux qui font plaisir, mais dont la touche critique manque cruellement.

3e Round : K.O sur les idées fausses concernant les chroniques littéraires

Auteur et blogueuse littéraire, le trait d’union entre ces deux frères ennemis me tient particulièrement à cœur.

Je peux m’identifier aux besoins de mes collègues auteurs, à leurs attentes, à leurs espérances. Mais je sais également ce que représente la fait d’être de l’autre côté du livre.

Je sais que ce titre de « chroniqueur littéraire » peut faire frétiller du clavier et qu’un mot mal choisi à le pouvoir de torpiller une œuvre.

Il subsiste néanmoins de fausses idées sur le rôle des chroniques littéraires.

Voyons ensemble ce qu’est une chronique.

La chronique est faite pour les lecteurs pas pour les auteurs

Si les auteurs sollicitent la presse et/ou les blogs littéraires pour chroniquer leurs livres, les compte-rendus de lecture sont dirigés vers les lecteurs.

C’est bien le lecteur qu’il faut convaincre de découvrir un auteur. C’est à lui que la chronique doit parler. Elle est un peu comme un dialogue de lecteur à lecteurs.

Partant de ce constat, beaucoup d’auteurs prennent le parti de ne lire aucunes chroniques ou commentaires publiés. Ils estiment qu’ils ont fait leur part de travail en fournissant le meilleur travail qu’ils pouvaient. L’avis des lecteurs leur appartient.

Personnellement, j’aimerais tendre vers ce lâcher-prise et ce détachement. Je salue le travail sur soi qu’il faut pour être capable de laisser son « bébé » voler de ses propres ailes et être parfois chahuté par le monde.

Cependant, le chemin vers le détachement est long. C’est un travail personnel de chaque jour.

Les chroniques n’ont pas pour vocation de faire progresser l’auteur

J’entends souvent des auteurs mécontents d’une chronique dire qu’ils n’ont rien appris de celle-ci, qu’elle ne leur permet pas de progresser.

Mais est-ce le but d’une chronique littéraire ?

Personne ne fera progresser un auteur. Personne à part lui-même. Il est le seul garant de son travail et de son amélioration.

Le chroniqueur n’est ni un professeur ni un coach. C’est un lecteur qui lit une œuvre avec sa propre grille d’interprétation.

Encore une fois les commentaires et les chroniques ne sont que ce qu’elles prétendent être : des avis subjectifs de lecteurs critiques.

C’est le livre qui doit convaincre, pas l’auteur

Suite à une chronique un peu rude, la tentation pour beaucoup d’auteurs est de chercher à se justifier.

Bien sûr qu’un auteur a le droit d’apporter une réponse à un jugement qu’il pense injuste sur son œuvre. Et lorsque cela est fait dans le calme et de manière respectueuse, cela provoque parfois de beaux débats.

Mais le métier d’auteur c’est d’écrire, non pas pour montrer l’étendue de son vocabulaire ou sa capacité à manier la syntaxe, mais pour convaincre.

Parce qu’aligner les mots n’est pas suffisant. L’écriture qui remplie nos journées, n’est au final, que le moyen par lequel nous racontons une histoire et transmettons notre vision du monde.

C’est sans doute la chose la plus difficile dans le métier d’auteur. Car vous pouvez avoir une belle plume, vous pouvez manier la langue à la perfection, si les lecteurs se sentent exclus de votre texte, c’est foutu.

Vous pourrez toujours vous consoler en disant : « moi je me comprends ». Le lecteur lui, est déjà passé à autre chose.

Écrire pour soi et ranger son texte dans un tiroir est une chose. Mais un auteur publié (par voie traditionnelle ou ayant choisi l’auto-édition) n’écrit pas pour lui. Il écrit pour un lectorat.

Un auteur ne se contente pas de se comprendre. Il travaille pour que les autres le comprennent.

Mon éthique personnel

Il n’existe pas de déontologie du bloging. Il n’existe pas non plus de déontologie de la critique littéraire.

C’est à chaque chroniqueur/blogueur de trouver sa propre éthique personnelle.

Cependant, l’auteur d’un texte, qu’il soit sous forme de livre ou de blog, est toujours responsable de ses propos. Le fait de publier sur Internet ne modifie en rien cette responsabilité.

Chaque blogueur est différent. La façon dont il gère son blog, son planning de publication, etc. lui appartient entièrement.

Pour ma part, lorsque j’ai ouvert un service presse sur mon blog, j’ai opté pour un maximum de transparence vis-à-vis des auteurs qui me confient leur œuvre.

Je me suis fixée peu de règles, mais je n’y déroge pas.

Fournir une date précise de mise en ligne de la chronique sur le blog

Lorsqu’un auteur me contacte pour une chronique, je regarde de suite la disponibilité de publication dans mon planning.

Je donne la première date disponible et l’auteur a la possibilité de l’accepter ou non.

L’acceptation vaut « contrat moral » entre moi et l’auteur. Il peut alors m’envoyer son texte et je m’engage à en faire une chronique et à la publier à la date convenue.

Si un changement de date doit être fait, j’en informe au plus vite l’auteur et lui propose de nouveau une date.

Pour moi c’est un bon compromis entre mon côté auteur (qui ne supporterait pas de voir son livre dormir dans une bibliothèque ou une liseuse) et la gestion de mon planning de publication sur le blog.

Lorsque j’accepte un service presse, je le considère comme un engagement.

Si je sais que je n’ai pas de place dans mon planning avant des mois, je refuse le service presse.

Je n’inscris des chroniques sur le long terme qu’avec l’accord de l’auteur.

Dans tous les cas, une date de publication est toujours convenue entre moi et l’auteur.

Inviter l’auteur à lire les articles déjà publiés pour découvrir mon style d’écriture.

Lorsque j’ai ouvert mon blog, les premiers auteurs qui m’ont confié leur texte n’avaient aucune chronique à lire et aucun moyen de savoir si mon style d’écriture leur « parlaient ».

Ils m’ont fait confiance et je profite de cet article pour les remercier chaleureusement.

Après ces deux mois de vie et les articles publiés, je conseille maintenant aux auteurs qui me demandent un service presse, de parcourir le blog et de lire au moins les chroniques rédigées.

Cela permet d’avoir une idée du style rédactionnel, de connaître mes goûts, de savoir si le livre proposé est dans ma « ligne éditoriale ».

Sur ce blog, je doute par exemple qu’il y aura beaucoup de romans de Fantasy. Pour la simple et bonne raison que ce n’est pas mon genre de prédilection. Je ne me sens pas très à l’aise pour porter une critique constructive dans un genre littéraire dont j’ignore tout.

Je peux faire des exceptions, comme cela a été le cas pour le livre de Beth Carlington mais ça ne restera que des exceptions.

Si vous écrivez de la Fantasy, il y a plein de blogs et de chroniqueurs fans de ce genre littéraire qui feront certainement un bien meilleur travail que moi.

La richesse d’Internet réside dans sa diversité. Chaque blog est unique tout comme son auteur et il est de la responsabilité des auteurs de choisir à qui ils confient leur « bébé ».

Ne pas céder aux pressions

Le dialogue entre chroniqueur et auteur devrait toujours être possible. Entretenir des rapports cordiaux, même en cas de désaccord, signe la maturité et le professionnalisme des chroniqueurs et des auteurs.

Mais dialoguer ne devrait jamais être le prétexte pour exercer des pressions.

De même qu’un chroniqueur n’a pas le droit de forcer un auteur à réécrire son histoire sous prétexte qu’il ne l’a pas aimé, un auteur mécontent n’a pas le droit de forcer un chroniqueur à effacer du contenu ou à le modifier (sauf si celui-ci tombe sous le coup de la loi)

Il est tout à fait inadmissible que ce genre de pression puisse exister.

Il y a quelques années, aux États-Unis, un auteur à succès a crû bon d’exercer des pressions sur une adolescente qui avait eu le malheur d’écrire une critique un peu salée sur un site dédié à la lecture.

L’affaire à fait grand bruit dans le monde du bloging littéraire outre-atlantique, et une campagne de boycott s’est mis en place contre l’auteur.

Les failles narcissiques des uns ne devraient jamais être prétexte à la manipulation des autres.

Conclusion

Ecrire est une activité longue, solitaire et laborieuse.

Publier est une aventure intime. C’est inviter un anonyme à partager notre monde, à rencontrer nos personnages. Pour le meilleur comme pour le pire.

Les rapports entre auteurs et critiques littéraires sont une valse continue « d’amour/haine » dans laquelle les deux partenaires, parfois maladroits, se marchent sur les pieds et se blessent.

Un des aspects les plus négligés en matière d’écriture créative est l’aspect psychologique.

Pour un auteur, c’est une drôle d’ironie que d’inviter de parfaits inconnus dans sa maison lorsqu’on n’en connaît pas soi-même les moindres recoins.

Tendre devant soi le miroir qui nous renvoie à nos propres failles, à nos difficultés et à notre égo est bien plus douloureux qu’aucunes « chroniques négatives » ne le sera jamais.

Côtoyer son œuvre et s’en séparer. La torpiller pour l’améliorer. N’avoir aucune complaisance ni envers soi ni envers ses textes. Tel est le douloureux quotidien de l’écrivain.

Vous êtes auteur et/ou chroniqueur ? N’hésitez pas à compléter cet article en partageant vos expériences en commentaires.

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8 commentaires

  1. bonjour, merci pour cet article très instructif pour une bloggeuse apprentie comme moi. J’apprécie beaucoup le rappel sur cette notion de temps, commune aux auteurs, aux lecteurs et chroniqueurs ! Il appelle un dilemme entre être juste et pondéré pour une mauvaise critique car l’auteur y a passé du temps à l’écrire, le lecteur aussi à le lire, le bloggeur à rédiger un article et ses lecteurs, à le contredire ou le suivre.
    Merci des conseils qui me paraissent judicieux et que je vais tenter d’intégrer et appliquer…

  2. Merci pour cet article bien argumenté et agréable à lire. Toutefois, il y a un fragment que je ne comprends pas: « Je vous propose donc d’entrer dans les coulisses de ce nouveau monde de la littérature. Un homme fantastique tant qu’il ne se transforme pas en ring de boxe. »

    Un homme fantastique ?

    1. Bonjour Murielle. Un grand merci pour votre lecture attentive. Il s’agit d’une erreur de frappe, je voulais écrire « une monde » lol.
      L’erreur a été corrigée grâce à vous. Encore merci pour votre passage sur le blog et votre retour d’impression.

  3. Passionnant article !
    Je suis chroniqueuse et ai peu eu de « services presses » (en grande partie car j’ai suffisamment de livres à lire par moi-même), mais me suis déjà questionnée sur ce qu’on attendait de moi quand on me proposait une lecture, notamment à savoir si j’écrivais à destination de mes lecteurs ou à l’auteur qui m’a confié son livre.

    1. Bonjour Melwen. Merci pour votre message. Je suis heureuse que cet article puisse vous aider. Votre questionnement est commun à beaucoup de blogueurs littéraires. J’espère que cet article à pu vous éclairer.

  4. Ni auteure, ni chroniqueuse mais grande lectrice et, surtout curieuse de nature, j’ai bien aimé votre article. « Le chroniqueur n’est ni un professeur ni un coach. » Cette phrase m’a éclairée et je vous en remercie.

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